Campagne de sensibilisation choc dans l’Est de la Somme.

En ce mardi 2 mars 2021, la Communauté de Communes de l'Est de la Somme interpelle consommateurs et habitants des Hauts-de-France. Leur objectif est clair: choquer pour inciter les gens à consommer local. Plus de 130 commerçants solidaires ont placardé le slogan «  C’est con il était bien ce magasin » dans les 41 villes de l’Est de la Somme.

Les appels à la mobilisation

Les commerces du centre-ville sont particulièrement en souffrance depuis les débuts de la crise sanitaire du Covid 19. En effet, la désertification de la population au coeur des villes à tout d’abord amputé l’ensemble de nos commerces de proximité indépendants d’une partie de leur chiffre d’affaires. La crise sanitaire, dans un contexte préalablement défavorable n’a pas aidé. 

Il y a de cela maintenant 1 an que la crise sanitaire régit nos vies. Le premier moyen d’action de lutte contre le virus à échelle national fut le premier confinement. Un second, est à l’heure actuelle, un couvre-feu à 18h sur l'ensemble du territoire national. Cela paralyse tous les commerçants et acteurs de l'économie française.

Des chiffres préoccupants

À ce jour la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) met en lumière des chiffres alarmants 25% de chiffre d’affaire en moins par suite au couvre-feu à 18h.

22% de chiffre d’affaire en moins durant la période des soldes.

5 bonnes raison de favoriser le commerce de proximité

- Se promener et (re)découvrir sa ville tout en faisant ses achats.

- Bénéficier de bons conseils de commerçants à l’écoute de vos besoins.

- Acheter localement des produits de qualité en diminuant votre empreinte carbone.

- Une relation et un lien social privilégiés avec son commerçant.

- Parce que rien ne remplace les conseils d’un professionnel personnalisé et à l'écoute.

La parole des commerçants

Marielle Mouton, fleuriste à Ham depuis 32 ans, se dit inquiète de la désertification des centres-villes de petites et moyennes bourgades, depuis plusieurs années déjà.

Ce phénomène rend le centre-ville moins attractif et moins vivant. Les gens ne vont pas faire leurs courses en majorité dans les centres-villes s’il n’y a pas ou peu de commerces ouverts. Le consommateur a besoin d'offres adaptées à ses demandes pour effectuer ses achats de façon groupée. Seule une diversité et une offre forte peut ramener le consommateur dans nos commerces. 

Mais ceci est l'affaire de tous, et pas seulement du voisin. Nous avons entendu des commentaires de consommateurs très forts au sortir du premier confinement:

-"c'était triste et mort de voir tous les commerces

fermés pendant des semaines!"

-"qu'est-ce que c 'est bien de vous revoir tous

ouverts, vous faîtes la vie de nos centres-bourgs".

-"sans vous(ndlr: les commerçants), on ressemblait à un village".

D'autres soucis contribuent à tourner les consommateurs vers les grandes surfaces périphériques. 

Par exemple: le stationnement, qui ne favorise pas l'accès aux petits commerces. Le consommateur veut pouvoir se garer simplement  et très près de l'endroit où il compte effectuer ses achats.

Il n'est pas facile pour les commerçants de contrevenir à ce problème , évoqué depuis des dizaines d'années. Il est principalement soulevé lors de réunions entre ces acteurs économiques et les municipalités qui ont en charge ce dossier. Pour autant, il reste récurrent et pénalise grandement les achats dans les boutiques des centres-villes.

Lien des paroles des commerçants de Ham sur france bleu (lien direct sur : france bleu)

Les commerçants VS les géants du e-commerce

Durant la période de confinement, les consommateurs ont été plus enclin à acheter sur internet.

Problème: cela entraine la fermeture des commerces et services de proximité. Les livraisons Amazon et autres sites discount sont monnaie courante un peu partout sur notre territoire. Mais avant de choisir la facilité avez-vous cherché à savoir si votre besoin ne se trouvait pas tout près de chez vous, chez votre petit commerçant local ?

Quelques chiffres

70 % des Françaises et Français de plus de 18 ans achètent des biens sur internet, soit quasiment 35 millions de consommateurs. Près d’un Français sur trois (quasiment 22 millions

de Français) achètent sur Amazon, réalisant « un nombre de commandes annuelles assez élevé », presque dix, et pour une commande moyenne « assez faible, environ 35 euros », selon Frédéric Valette (Source: courier picard).

Cas de conscience collective

Nous vous demandons à vous qui lisez cet article.

Souhaitez-vous réellement participer à rendre ces géants de l’industrie encore plus prospères au détriment de commerces à taille humaine ?

Ensemble, valorisons nos commerces de proximité qui favorisent la qualité à la quantité et pour lesquels un véritable échange et une confiance s’installent ? Il revient à tout un chacun de choisir sa vision du monde de demain, en bonne intelligence et en responsabilité. L’impact écologique, économique et social de ces géants tuent les efforts de générations de commerçants. Nous souhaitons tous valoriser les richesses de nos régions et faire vivre nos commerces de proximité.

D’éduquer la nouvelle génération, au besoin de faire battre le coeur de nos centres-villes, pour la prospérité et l’intérêt général de la population. Le bien-être et le bien-vivre ensemble dépendent de nous et de nos comportements. Nous devons être solidaires des uns et des autres et ne pas penser que c'est toujours aux autres à faire les efforts. « Nous sommes tous responsables de ce qui arrive autour de nous. Si on veut que l’édifice tienne la route, il faut que chacun y mette sa propre pierre. » 

Marielle Mouton, gérante de la boutique Anyfleurs pour france bleu picardie (lien de l'article : france bleu picardie).

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